Sapeurs-pompiers : une physiologie poussée à l’extrême

Les sapeurs-pompiers sont des professionnels qui peuvent subir, lors d’opérations importantes (feux de forêt, incendies urbains, sauvetage en milieu périlleux, …), des charges physiques et des contraintes physiologiques extrêmes. Même si cette astreinte physiologique subie est d’une faible durée, elle peut être tout de même dramatique à court terme (syncope, œdème, crampe, accident cardiaque, coup de chaleur, hyperthermie, déshydratation excessive). A moyen et à long terme, les contraintes physiologiques amènent souvent des complications cardiovasculaires chez les sapeurs-pompiers comme des cardiopathies ischémiques en comparaison au reste de la population (Baris et al., 2001).

En France, durant ces dix dernières années, une vingtaine de sapeurs-pompiers sont décédés dans l’exercice de leur fonction. La cause principale de ces décès est l’infarctus du myocarde. Cette statistique est expliquée par la forte sollicitation du système cardiovasculaire pour répondre à la demande sanguine des muscles, de la peau et des organes. Ce système doit répondre à la charge de travail musculaire imposé par les activités physiques et aussi participer à la thermorégulation qui est engendrée par le travail à la chaleur (Smith et al., 2001). Il existe plusieurs seuils de tolérance physiologique admis ou tolérés selon le niveau de contrainte thermique et/ou physique. Le seuil de tolérance physiologique correspond à un état physiologique à partir duquel le sujet n’est plus en mesure de supporter, sans risques, les contraintes thermiques et physiques qui s’exercent sur son organisme. Généralement, si l’effort est poursuivi au-delà de ces seuils, le risque pour la santé de l’individu augmente considérablement et cela peut rapidement conduire à des accidents qui peuvent parfois être mortels.

La difficulté majeure consiste à être capable de déterminer l’atteinte de ces seuils, et ce en temps réel durant les opérations sur le terrain.

[Baris, D., Garrity, T.J., Telles, J.L., Heineman, E.F., Olshan, A., Zahm, S.H. (2001). Cohort mortality study of Philadelphia firefighters. Am. J. Ind. Med., 39(5), 463-476.]
[Smith D.L., Manning, T.S., et Petruzzello, S.J. (2001). Effect of strenuous live-fire drills on cardiovascular and psychological responses of recruit firefighters. Ergonomics, 44, 244-254.]
[Source : Mandrick, K., Micallef, J-P., Perrey, S., Coulon, D. (2010). Détermination de l’état de stress et d’engagement chez les personnes vulnérables : application aux sapeurs-pompiers. Rapport de recherche]

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